Alerte : Epidémie de Cancers, les Perturbateurs Endocriniens mis en accusation…

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Les chiffres sont alarmants : en 2015, 4 millions de personnes dans le monde ont été touchées par le cancer du sein ou le cancer de la prostate ; 890 000 en sont décédées. Ce sont les premiers cancers pour chaque sexe dans le monde. Une épidémie de l’ampleur de celle du sida !

Cette progression est souvent présentée comme la conséquence normale du vieillissement et des progrès du dépistage. Ces explications sont tout à fait insuffisantes. La meilleure preuve en est la répartition inégale de la maladie sur la planète : Martinique et Guadeloupe sont les « champions du monde » du cancer de la prostate, où il frappe deux fois plus qu’en France métropolitaine et sept fois plus qu’au Japon. L’environnement est donc bien en cause.

 

Les causes environnementales comme principales responsables

Les données scientifiques les plus récentes montrent le rôle majeur de la contamination chimique, par les perturbateurs endocriniens, à l’âge adulte mais surtout pendant la grossesse. C’est aussi une cause des atteintes de la reproduction masculine (cancer du testicule, baisse de la qualité du sperme, infertilité…). Il est donc urgent d’informer les citoyens et de mobiliser la société sur ces enjeux. C’est le sens de la charte « Villes et Territoires sans perturbateurs endocriniens » proposée par le Réseau Environnement Santé. Le message est clair : il n’y a pas de fatalité !

Pourquoi le nombre de cancers du sein dans le monde a-t-il doublé entre 1990 et 2013 ?
Pourquoi la Belgique connaît-elle 22 fois plus de cas que le Bhoutan ?
Pourquoi note-t-on des écarts importants entre pays de même niveau de développement, voire entre régions françaises ?
Pourquoi les jeunes femmes sont-elles de plus en touchées ?

Des facteurs tels que le vieillissement de la population ou les progrès du dépistage n’expliquent que très partiellement l’épidémie qui touche toute la planète. Si les cancers du sein se multiplient, c’est que les facteurs de risque présents dans notre environnement quotidien se sont multipliés.

S’appuyant sur les enquêtes scientifiques les plus récentes, André Cicolella, chimiste toxicologue, ancien conseiller scientifique à l’Ineris et enseignant en santé environnementale à Sciences Po Paris, a passé au crible tous ces facteurs environnementaux, du DDT des années 1950 au bisphénol A aujourd’hui en passant par l’alimentation, la sédentarité ou les conditions de travail.

 

Les enseignements du critère de l’âge

« On disposait des données globales concernant l’évolution mais pas par tranche d’âge », explique-t-il en commentant les chiffres publiés par le journal « Le Monde », qui révèlent des évolutions très contrastées selon les générations, principalement pour les cancers hormono-dépendants, du sein et de la prostate. La progression a été continue pour les femmes 30-39 ans (+ 65%), de 40-49 ans (+ 58%), alors qu’après avoir connu un pic en 2002 -2004, le nombre de nouveaux cas a diminué pour les tranches d’âge 50-59 ans et 60-69 ans.

Le nombre de cancers du sein dans le monde a doublé entre 1990 et 2013. La Belgique connaît 22 fois plus de cas que le Bhoutan et en France, le risque pour une femme entre 30 et 44 ans de mourir d’un cancer du sein est 4 fois plus élevé que de mourir d’un accident de la route, rappelle le toxicologue. « Cette croissance ne peut évidemment s’expliquer que très partiellement par le vieillissement de la population, argument utilisé généralement pour expliquer la croissance, mais pas non plus par le dépistage qui concerne les femmes de 50 à 69 ans », analyse-t-il.

Pour la prostate, la croissance est encore plus spectaculaire : + 1033% pour les 50-59 ans. Là aussi, insiste André Cicollela, « le dépistage ne peut à lui seul expliquer cette croissance, car la croissance est moins forte dans les classes d’âge 60-69 ans (+437%) et 70-79% (+180%) ». Par ailleurs, le cancer du testicule, autre cancer hormono-dépendant progresse de 176% chez les 30-39 ans, alors qu’il n’y a pas de dépistage.

 

Bébés pré-pollués ?

Pour lui, ces données confirment l’importance du lien entre cancer et environnement. « Le développement du cancer chez les jeunes adultes correspond à des générations exposées in utero aux substances chimiques du type perturbateurs endocriniens », pointe-t-il. Les biberons, comme les résines polyépoxy dans contenants alimentaires au bisphénol A ont commencé à être utilisés massivement à partir des années 70 et on sait que « les expositions de l’espèce humaine sont de même niveau que celles qui induisent des tumeurs mammaires chez le rat et la souris après exposition maternelle », précise-t-il.

 

Eradiquer les principaux perturbateurs endocriniens

La bonne nouvelle, c’est qu’il est possible de faire reculer l’épidémie, à condition de bien identifier ses causes et de mener les politiques publiques adéquates.

« Il est temps que l’Institut National du Cancer se préoccupe sérieusement des causes environnementales du cancer ».

André Cicolella.

Certes, certains cancers ont des causes génétiques, l’espérance de vie a augmenté et le dépistage s’est amélioré. Mais, quand on compare les taux de différents pays, on constate une très forte disparité. Le cancer du sein n’existe quasiment pas au Bhoutan ; il serait donc possible de réduire de 95 % le taux de cancer du sein en Belgique… et en France !

Il est temps de faire connaître les nombreuses données scientifiques disponibles et de se mobiliser contre un fléau qui nous touche tous, de près ou de loin. L’exposition au pesticide DDT a été reconnue cancérigène pour le sein cinquante ans après les premières données expérimentales. N’attendons pas encore cinquante ans pour proscrire le bisphénol A et autres perturbateurs endocriniens !

Sur la Page suivante vous découvrirez où se cache tous ces perturbateurs endocriniens, comment les repérer et des solutions concrètes pour vous en débarrasser….

 

Sources :  

http://www.lespetitsmatins.fr/collections/les-perturbateurs-endocriniens-en-accusation-cancer-de-la-prostate-et-reproduction-masculine/

http://www.reseau-environnement-sante.fr/wp-content/uploads/2016/10/4pages-Cancer-du-sein-en-finir-avec-l%C3%A9pid%C3%A9mie.pdf

www.reseau-environnement-sante.fr/cancer-du-sein/

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